Après avoir vécu toute sa carrière de danseuse à Londres, Bunny Bones pose son cercueil à Paris. C’est là que les choses se compliquent pour elle, les gens ne font pas confiance facilement aux morts ... Sa chance tourne lorsqu’elle commence à se diriger vers la musique, où elle sera beaucoup mieux accueillie notamment dans le milieu hard rock; elle décide alors de former son propre groupe, un mélange de Rockabilly et de Metal.

Mis à jour : 28 déc 2018


La vie à Londres n’était pas simple pour Bunny Bones.

Sa famille était faite d’artistes et de labeur dans les théâtres et sur les planches des plus grandes scènes du pays. Un cadre de rêve pour celle qui avait toujours des idées hors du commun, qui pensait toujours à rebrousse-poil et dont les oreilles savaient entendre ce que le monde attend d’elle. Mais la beauté de la création et la joie de vivre de l’artiste débutant avaient depuis longtemps laissé place à la répétitivité et à la monotonie, laissant cette famille aigrie à force d’avoir à se produire sur scène chaque soir malgré tous les problèmes que celle-ci rencontrait.

Les visages étaient masqués par des sourires chaleureux et expressifs sur scène mais en coulisse le froid n’avait d’égal que la température hivernale londonienne.

Les parents de Bunny

La passion n’était plus au rendez-vous depuis longtemps dans la famille et le travail s’était invité dès le plus jeune âge de la belle lapine, lui imposant une rigueur et une force de caractère très rare pour son époque. Serveuse, danseuse, chanteuse, touche-à-tout, Bunny s’essayait à tout ce qui pouvait l’entourer en attendant le déclic, l’opportunité de se révéler, le jour où elle pourrait enfin devenir plus qu’une actrice, plus qu’une danseuse, plus que n’importe qui d’autre, elle voulait traverser l’histoire et pouvoir se retourner en souriant quand viendra l’heure de saluer son public une dernière fois.

Le Wilton's

Elle travaillait alors, seule, sans attendre d’aide de la part de quiconque son plus gros atout : sa capacité à créer. Sa capacité à mettre en scène, sa capacité à réunir les meilleurs et à imaginer des spectacles dont elle pouvait assumer chaque rôle, remplacer chaque acteur et chaque instrument afin d’être prête pour n’importe quelle éventualité lors du show.

Malheureusement pour la lapine le public n’était pas réceptif à ses spectacles, trop “originaux”, trop violents, ... Elle avait l’impression que son audience ne voulait qu’une chose c’est se perdre toujours les mêmes codes, les mêmes histoires et tragédies remaniées sans originalité... il manquait la recherche, l’envie de se surpasser et d’explorer de nouveaux territoires...



La danse lui plaisait. La musique lui plaisait. Mais il manquait une étincelle, une flamme, un espoir brûlant qui lui aurait permis un jour de pouvoir être satisfaite de ses efforts. Bunny est décédée le lundi 31 mars 1975.

Mis à jour : 12 janv 2019


Hard feelings from Paris to London

Un éclair, un flash, arrivant dans un bruit de tonnerre assourdissant :


“ Where am I ?

This not London...

What are those cars, those clothes ?

I .... I ... am in the future”



29 Novembre 2017

Bunny Bones est maintenant là, à Paris, plus précisément à Bastille.


Dans un mélange d’étonnement et de peur, Bunny découvre un nouveau monde. Les rues de Paris se dévoilent sous ses pieds : l’architecture, les commerces.. tout est exceptionnel et si différent de ses anciens quartiers londoniens.

La neige tombe sur ses oreilles et sa robe, donnant un air féerique à cette situation qui mélange enthousiasme et incompréhension.

Mais il ne lui aura pas fallu attendre longtemps pour se rendre compte des regards des passants...


Et pour cause...


Oh my !!!

What just happened to my ... face ?!


Le froid ? Elle connait. Mais l’isolement ?

Les premiers jours ont été durs pour celle qui avait l’habitude de connaitre toute sa ville sur le bout des pattes. Ici Bunny n’est pas la bienvenue et ne peut pas continuer éternellement à arpenter les rues. Elle marche seule, sous le regard indigné des passants qui la méprisent depuis les terrasses chauffés des cafés bruyants.

A travers les paillettes, les lumières et les rires qui l’entourent sans la toucher elle comprend très vite que son avenir sera bien moins lumineux ici qu’il ne l’a été auparavant, elle voit l’obscurité des ruelles et s’y engouffre. Enchaînant les abris de fortune et les routes froides dans le brouhaha des voitures, des klaxons, des bagarres et cris qui l’entourent, ses oreilles ne se dressent plus comme avant et son cœur se gèle petit à petit...



Bunny aimait danser, plus que tout, mais toujours comme on l’attendait. Loin d’elle les grands écarts et chassés en tutu; elle, elle voulait s’exprimer. Exprimer à travers la danse ses sentiments, son propre caractère, et n’a jamais réussi à trouver comment mélanger cette audace avec les mouvements que son corps pouvait faire sur le son que son époque lui proposait. Elle aimait les styles dansants, le Rockabilly principalement, mais elle n’y avait jamais trouvé sa place.


Elle se ressassait depuis plus d’un mois ces souvenirs en marchant seule dans les rues de Paris, vêtue de sa robe rouge et blanche et de son écharpe noire qui lui rappelaient toujours son passé auquel elle s’accrochait.



C’est avec surprise, au moment où elle s’y attendait le moins, que les oreilles de Bunny se sont mises à se redresser légèrement au détour d’une rue. Alors qu’une porte s’ouvrait pour laisser sortir quelques individus de noir vêtus, elle perçut un son qu’elle n’avait jamais entendu auparavant...

© 2018 by Bunny Bones. All rights reserved by Dead Bones Bunny.

Contact : deadbonesbunny@gmail.com

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